10 Janvier 1946
Par Édith, dimanche 10 janvier 2010 à 17:58 :: Edith ::#523
Dimanche 10 janvier 2010, 17h
Ce dimanche 10 janvier 1946, à cette heure-ci, Gérard et moi, nous roulions, roulions toujours dans le wagon qui nous avait accueillis la veille au soir à 20 heures… c’était il y a soixante quatre ans, déjà !
La veille à midi pile, au bras de papa très ému, j’entrais dans l’église de St Pierre du Gros Caillou où, depuis 1902, avaient été célébrés tous les événements familiaux : baptèmes, premières communions, mariages et enterrements. C’était là que vingt-six ans auparavant papa avait épousé maman.
Cramponnée à son bras, pour éviter la menace qui avait si souvent résonné à mes oreilles “Fais donc attention où tu mets les pieds… Tu vas encore trouver le moyen de te flanquer par terre en montant à l’autel le jour de ton mariage…”.
Vêtue de ma merveilleuse robe de mariée, dont la longue traîne s’étire derrière moi, le visage modestement caché derrière le voile de tulle, très émue, je triomphe de tous les obstacles et parviens au fauteuil de velours cramoisi près de celui où Gérard m’attend, non loin de nos témoins dont le général Giraud et tante Marthe.
La cérémonie finit par se terminer…nous voilà mariés ! Enfin !…et nous sortons triomphalement, au bras l’un de l’autre…
Tout au long de la journée, dans le 16 bis des grands jours la foule s’était pressée, nous félicitant, et faisant honneur au buffet !……Mais voilà qu’avait sonné l’heure des adieux… le train n’attend pas. Munis d’un petit sac rempli de quelques restes du buffet, empruntant la voiture électrique de M. Girousse, parrain de Gérard et grand manitou à E. D. F., nous partons vers l’inconnu.
Un wagon-lit de l’époque, c’est à dire un simple wagon à deux couchettes, nous attend……et voilà vingt heures qu’il roule vaillamment…… Et Beaulieu sur mer n’est pas encore en vue…… !
Aujourd’hui, si Gérard et Marc nous ont quittés, je les sens mystérieusement présents et m’émerveille avec eux de cette famille si vivante, et si visiblement heureuse de se retrouver, qui m’entoure, depuis Philémon jusqu’à cette future première “Madame Guillemont,” quatre générations… !
Merci à vous, tous et toutes ! Et bon vent !
Édith










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