1er décembre 2022 -
Bonjour,
Avec une nuit de retard, je démarre la série des pépites de cette année...
Je commence par vous partager une première joie : j’ai réussi à lire cette année ! Je vais donc fièrement pouvoir vous en conseiller 2 :
- Le premier est "Americanah" de Chimamanda Ngozi Adichie : Une femme nigérianne part vivre aux Etats Unis... J’ai adoré l’écriture parfois drôle et acerbe, qui décortique les dessous des mécanismes insidieux du racisme, et je me suis romantiquement laissé portée par la douce histoire d’amour derrière les péripéties de cette immigration...
https://www.babelio.com/livres/Adichie-Americanah/670178 - Le 2ème est "Les Roses Fauves" de Carole Martinez : Une drôle d’histoire intense, mi-magique mi-réelle, qui m’a emportée du début à la fin. Avec un entremêlage de l’histoire et de l’auteur en train d’écrire le roman qui m’a plusieurs fois fait sourire.
https://www.babelio.com/livres/Martinez-Les-Roses-fauves/1237279
Dans le thème outil ou ressources qui ont eu un impact dans ma vie récemment, je partage :
- Le bullet Journal, un système d’organisation/agenda, qui peut aider bien des mamans en surcharge mentale ou bien des personnes ayant une fâcheuse tendance à la procrastination... Le problème est que cette technique est devenue un moyen d’expression créatif, de développement personnel (qui peut être sympa mais moi je n’ai pas le temps !), ce qui fait que quand on regarde sur internet, on a l’impression que c’est un truc super compliqué et qu’il faut avoir des prédispositions artistiques et des heures de libres ! Mais en restant sur la base, qui est un système d’organisation très bien pensé, j’ai l’impression de pouvoir déposer un peu plus mon cerveau, sans avoir peur d’oublier quelque chose dans ma vie familiale et professionnelle bien remplie. Et ça m’aide même à ne pas oublier de faire des petites choses agréables, juste pour moi !
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bullet_Journal - La plaquette "T’as pas l’air autiste", qui aider à lutter contre les idées reçues sur l’autisme... et il y en a beaucoup (des clichés... et des personnes autistes !).
https://centre-ressource-rehabilitation.org/t-as-pas-l-air-autiste-un-depliant-pour-lutter-contre-les-cliches-sur-l-autisme
Ça y est, c’est fait ! Alors au plaisir de vous lire, maintenant :) Aurélie
4 décembre 2022 -
Merci à tous pour vos belles premières pépites !
J’ai profité de quelques jours de pause pour me remettre à jour de séries en retard, et j’ai repris avec joie le visionnage intensif de la série "En Thérapie". C’est une très belle série française, diffusée sur Arte l’an dernier pour la saison 1 et qui est revenue avec la saison 2 au printemps.
Chacun des 35 épisodes de moins de 30 min, est un huit-clos dans le cabinet du Dr Dayan, un psychiatre interprété à merveille par Frédéric Pierrot. Une série qui se déroule dans le huit-clos d’un appartement parisien, aux décors minimalistes, mais qui laissent toute la place à une écriture très fine, ciselé, et un langage précis et riche.
Le pitch : "Nous sommes à Paris en novembre 2015 au lendemain des attentats terroristes du Bataclan. La série se déroule en majeure partie dans le huis clos du cabinet d’un analyste qui semaine après semaine, à heure fixe ou presque, reçoit cinq patients. Une chirurgienne qui fait en première ligne de la récente tragédie et qui fait un transfert très obsessionnel sur son thérapeute, un agent du BRI qui derrière sa force et sa virilité forcée cache de moins en moins bien le traumatisme qu’il a subi lorsqu’il est intervenu au Bataclan Il y a également une jeune nageuse promise à un bel avenir mais sujette à une conduite autodestructrice dont elle refuse de prendre conscience. Et enfin un couple déchiré qui s’interroge sur le désir un brin désespéré de faire un enfant. Autant de traumas à cœur et mental ouverte qui vont amener notre psy, qui lui-même traverse une crise maritale, à renouer avec une de ses collègues avec laquelle il a rompue les liens depuis plus de 12 ans."
J’ai beaucoup aimé cette série par la très grande simplicité des moyens déployés (2 appartements parisiens) et l’essentiel de l’intrigue nichée dans les dialogues, ses subtilités, les silences qui s’installent.
Quelques très bons acteurs (Reda Kateb, Mélanie Thierry, Pio Marmaï, Carole Bouquet, Charlotte Gainsbourg) sont à l’affiche et contribuent à rendre cette série captivante.
Bon visionnage !
Raphaël
5 décembre 2022 -
Les pépites…
C’est pour moi tous les ans, comme les cadeaux, source de stress…
Pour la plupart des gens (normaux ?) c’est source de réjouissance, de plaisir à venir, à donner ou à recevoir.
Oui, je sais, ce n’est pas normal, mais c’est ainsi.
Mais le miracle s’est (encore une fois) accompli : j’ai une idée !
J’espère ne pas m’être déjà précipité pour vous en faire part au moment où je l’ai découverte, il y a quelques mois.
Mais, de toutes les façons, ce n’est pas grave.
On peut y revenir à l’envie…
Pour moi aussi c’est à chaque fois que j’y repense et la retrouve, c’est une re-découverte, le même plaisir, la même émotion (incroyable, non ? une émotion…)
Je la savoure en vous envoyant cette pépite.
La gorge serrée…
https://www.arte.tv/fr/videos/107064-002-A/hania-rani-au-piano-day/
François
Rassuré, soulagé, et pas peu content de ma pépite… Tranquille (jusqu’à l’année prochaine…)
PS J’avais même une autre idée (si, si !), la dernière BD de Jean-Marc Rochette “La dernière reine”. Je ne l’ai pas encore lue, donc pas facile de la recommander par anticipation…
Mais c’est l’auteur d’"Aile froide” qui m’avait ému (ben oui…). J’ai eu froid en la lisant (et on avait pas baissé le chauffage à 19° à l’époque).
Bises à toutes et à tous,
6 décembre 2022 -
Bonjour tout le monde,
C’est mon tour ! Je pourrais plagier Raphaël en parlant de ma découverte de la série "En thérapie", dont j’ai regardé avidement les 2 saisons cette année (de la même façon que j’ai failli plagier Marion l’an dernier à propos de Sofiane Pamart)... Mais voici quelques pépites toutes neuves :
- côté lecture : "Le lièvre d’Amérique", de Mireille Gagné, autrice québécoise. Voilà un choix aléatoire à la bibliothèque que je n’ai pas regretté (ce qui n’est pas toujours le cas !). C’est un livre très étrange, qui finit un peu en queue de poisson (ou de lapin ?), dans lequel plusieurs récits s’entrecroisent. La quatrième de couverture le décrit comme une "fable animalière néolibérale", ce qui est aussi juste qu’abscons... Je ne vous en dirai pas plus !
- côté musique : Roberto Fonseca, pianiste de jazz cubain. Nous l’avons découvert il y a bien longtemps (en 2009 !) dans un festival, et redécouvert cette année lors de sa tournée européenne. J’aime bien l’écouter en travaillant, et il n’est pas rare que je me lève de ma chaise pour danser sur ses rythmes irrésistibles ! Ma chanson favorite du moment est Kachucha.
Bises à tous !
Juliette
7 décembre 2022 -
Bien le bonjour à toutes et tous,
À mon tour de vous partager mes pépites.
- Je suis allée voir l’exposition Niki de Saint Phalle aux Abattoirs de Toulouse, sur ses années 1980- 1990.
J’ai beaucoup aimé aimé et découvert l’ampleur du travail de cette artiste.
Je ne connaissais que ses « Nanas » et ai été subjuguée devant ses œuvres présentées à Toulouse. C’était une femme très engagée sur tous les fronts : le féminisme, la lutte contre le Sida, l’écologie etc...
Si ça vous dit, voici un lien vers un petit film sur la vie de l’artiste et sur l’expo de Toulouse.
https://www.lesabattoirs.org/Expositions/niki-de-saint-phalle/
- Un livre que j’ai adoré : « Là où chantent les écrevisses » de Délia Owens et je vous joins la 4è de couverture : Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.
A l’âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l’abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…
- Mon coup de cœur musical : Un pianiste de jazz et compositeur dont la passion est Bach qu’il revisite à sa façon : Edouard FERLET
Je fonds toujours à l’écoute des oeuvres de Bach et ce qu’en fait Edouard FERLET me plaît énormément. Il a déjà publiée nombreux CD, toujours autour de l’oeuvre de Bach : « Think Bach » est le 1er que j’ai découvert. Le voici :
https://deezer.page.link/RrzktmXZepR8KFf37
Bonne écoute. Impatiente de découvrir vos pépites...
Bises affectueuses
Sophie
10 décembre 2022 -
Très chère famille,
J’espère que cette pépite sera à la hauteur des précédentes, pépite pour laquelle je reprends la présentation de 2020, dite à la Simon.
- Côté Zyeux :
<media1353|insert|left> Chacun aura reconnu cette figure célèbre, dans la famille.
- Côté Zlecture :
Je ne connaissais pas Éric Vuillard, prix Concourt 2017 avec « L’ordre du jour », livre auquel j’ai préféré « Une sortie honorable » paru en 2022. Un éclairage plus que décapant sur la guerre d’Indochine. C’est court (103 pages), à lire. On se souviendra que Grand-père y était. Je vous partage également quelques trouvailles dans les bandes dessinées de cette année :- Le serpent et le coyote aux éditions Le Lombard. Un superbe western à la fois classique et original
- La chambre des merveilles aux éditons Grand angle, que certains ont lu pendant la cousinade. Une histoire émouvante, à la fois classique et originale
- Mon traître aux éditions Rue de Sèvres, d’après le roman de Sorj CHALANDON, magnifique, qui prend à la gorge
- L’intégrale des 8 tomes de la série Sherman aux éditions Le Lombard que Clarisse m’a prêtée en échange de mon épiscope. Un grand thriller, à la fois classique et original. Difficile de s’arrêter au milieu.
- Côté Zoreilles :
Ce n’est pas une nouveauté, mais c’est toujours bien : Les variations Goldberg par Glenn Gould que Marc appréciait beaucoup
https://www.youtube.com/watch?v=Cwas_7H5KUs
Oncle Pierre
11 décembre 2022 -
Salut à vous,
Merci à tous et toutes pour les pépites déjà reçues, c’est toujours délicieux de les lire !
J’ai recherché dans mes anciennes pépites, et normalement je ne vais pas faire d’auto-redite ;)
Je vous conseille, sur-conseille, recommande extrêmement le podcast Méta de Choc, que parle de métacognition (comment et pourquoi on pense ce qu’on pense, on croit ce qu’on croit). Les émissions sont toutes très fouillées, très complètes et documentées. Il y a une alternance de témoignages personnels de personnes "déconverties" de différentes croyances (témoin de Jéhovah, anthroposophie, croyances New Age...) et des entretiens avec des experts de divers sujets (complotisme, intelligence, émotions et rationnalité..). Pa-ssio-nant !
J’ai été très secouée par un livre récemment, j’ai hésité à le mettre dans mes pépites parce qu’il n’est vraiment pas gai, mais moi qui lutte encore beaucoup pour réussir à lire pendant un temps même réduit, j’ai été happée par ce récit. Il s’agit de "La deuxième femme" de Louise Mey, et c’est un roman qui traite de relation d’emprise, traité à la façon d’un thriller. C’est assez dur et glaçant, mais je crois que c’est une lecture presque nécessaire.
Une petite douceur pour les oreilles, cet ensemble de femmes venant du Portugal, chantant "Saudade, saudade" - un vrai petit bonbon.
https://www.youtube.com/watch?v=eQul-rkcGPQ
Un bien bel avent à vous :)
Marion
16 décembre 2022 -
Bonjour à toutes et tous,
Tout d’abord un grand merci pour toutes vos pépites et les belles découvertes qu’elles permettent.
Bon, j’ai pris un peu de retard avec l’approche de Noël, les cadeaux, etc …mais je suis sure que vous ne m’en voudrez pas…
Je voulais vous recommander un livre très original, enthousiasmant, brillant, et puissant, parfois difficile, intelligent et passionnant qui parle de littérature avec tout plein de questions sur celle-ci, sur le statut et l’identité d’un écrivain africain francophone dans le milieu littéraire français. Un très beau livre et un livre très intéressant.
Pour la petite histoire, je l’ai acheté grâce à une amie, qui m’en a parlé et dont la fille (que j’ai conduit en classe pendant plusieurs années : conduites partagées), est marié à un sénégalais, grand ami de l’auteur.
Il s’agit de la plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr, (âgé de seulement 30 ans), prix Goncourt 2021.
C’est le récit d’un écrivain qui enquête sur un autre écrivain sénégalais, surnommé le « Rimbaud nègre », qui a disparu de la mémoire littéraire, personnage imaginaire inspiré d’un écrivain malien qui a reçu le prix Renaudot et a été accusé d’avoir plagié Graham Greene.
C’est un roman qui mêle plusieurs styles ( journal intime, articles de presse, courriels) avec des passages très lyriques et qui nous fait voyager à travers le monde, à travers l’histoire ( le colonialisme, la Grande guerre, la Shoah), et rencontrer les femmes qu’a aimées ce personnage imaginaire.
Dans un tout autre genre, j’ai lu Tant que le café est encore chaud de Toshikazu Kawaguchi, un roman japonais qui nous transporte dans une autre culture, avec ses règles et son imaginaire.
Dans une petite ruelle de Tokyo se trouve Funiculi Funicula, un petit établissement au sujet duquel circulent mille légendes. On raconte notamment qu’en y dégustant un délicieux café, on peut retourner dans le passé. Mais ce voyage ne changera pas le présent et dure tant que le café est encore chaud.
Quatre femmes vont vivre cette singulière expérience. L’ambiance est un peu étrange, mais il s’en dégage, au travers de récits évoquant la mémoire, de l’amour, du pardon une réflexion sur le temps qui passe et une incitation à vivre intensément. le moment présent.
Et puis si on veut relire des classiques, je me suis replongée dans le chant du monde de Giono. Bon, évidemment parce que c’est un écrivain provençal !
Roman qui a pour thème la fusion de la nature et des hommes et qui se présente comme une épopée où la fraternité des hommes l’emporte sur les violences et les combats.
Bonne lecture et joyeux Noël, plein de lumière !
Je vous embrasse.
Catherine
17 décembre 2022 -
Bonjour à tous et bel Avent !
Vous n’y échapperez pas vous non plus ; cette année j’ai été subjuguée par un livre découvert par hasard à la bibliothèque - j’aime bien ces rencontres complètement fortuites avec un livre qui s’avère essentiel !
Je l’ai offert et fait circuler autant que je peux et je continue donc encore une fois ! ;
C’est pour moi un vrai trésor, à la fois un bonbon doux et enveloppant, comme un conte que Papa nous lisait quand on était petits (et d’ailleurs ça commence par un conte que je vous ai mis ci-dessous)
Et à la fois une remise en question de notre façon de voir le monde, de notre place dans le monde - j’aurais beaucoup aimé discuter avec Grand-Mère de ce tacle en règle du mythe de la création dans la Bible…
Bonne lecture et un Noël qui vous recharge pour l’année à venir !
Je vous embrasse
Claire
🌿🌱🌿🌱🌿🌱🌿🌱🌿
Tresser les herbes sacrées de Robin Wall Kimmerer
La femme tombée du Ciel
En hiver, lorsque la Terre verte repose sous la neige, vient le moment des cosmogonies. Les conteurs invoquent leurs prédécesseurs qui nous les ont transmises, car nous ne sommes que des passeurs. Au commencement, il y avait le monde du Ciel. La femme du Ciel tomba en vrille comme une samare d’érable emportée par la brise d’automne. Une colonne de lumière jaillie par un trou dans le monde du Ciel lui indiquait sa trajectoire vers des ténèbres de toute éternité. Sa chute dura longtemps. La peur, ou l’espoir peut-être, lui faisait serrer les mains sur un tout petit bagage. Tombant tourbillonnant, elle ne discernait que de vastes étendues d’eau sous ses pieds. Ce vide enténébré était cependant habité par des animaux qui avaient les yeux levés vers le rayon de lumière. Ils aperçurent un point minuscule, simple grain de poussière qui vrillait. Au fur et à mesure que celui-ci se rapprochait et grossissait, ils constatèrent que c’était une femme à la longue chevelure flottante qui virevoltait, bras tendus en hélice. Les oies échangèrent des signes de connivence et s’élevèrent des eaux par vagues, en cacardant et cagnardant. La femme du Ciel sentit le battement de leurs ailes l’effleurer alors que les oies se déployaient sous elle pour la recueillir. Si loin de sa maison, la seule qu’elle n’ait jamais connue, la femme du Ciel s’abandonna au contact réconfortant des plumes. Les oies la transportèrent en douceur jusqu’en bas. Voilà comment tout commença. Les oies ne pouvaient la soutenir indéfiniment, aussi convoquèrent-elles un conseil. La femme du Ciel, toujours reposant sur elles, assista au grand rassemblement des huards, loutres, cygnes, castors et poissons de toutes les espèces. Une imposante tortue des mers flottait en leur milieu et proposa de l’accueillir sur son dos.
Reconnaissante, elle s’installa sur sa carapace. Alors, les autres animaux comprirent qu’elle avait besoin d’une terre pour s’y établir et cherchèrent une solution. Les huards plongeons avaient entendu dire que les fonds des eaux primordiales étaient tapissés de boue. Ils acceptèrent d’aller en chercher. Huard plongea, mais ces eaux étaient si profondes qu’il remonta vite, bredouille. Loutre, Castor, Esturgeon lui succédèrent tour à tour, mais le noir, la profondeur et la pression eurent raison même des meilleurs. Au retour, les animaux aquatiques avaient le souffle court et la tête lourde, d’autres y laissèrent la vie. Bientôt, il ne resta que Rat musqué, le plus faible, le plus petit de tous. Lorsqu’il se porta volontaire, on le regarda avec un air de doute. Il plongea, fendant l’eau avec ses minuscules pattes, et fut longtemps parti. Tous attendirent, craignant le pire pour leur petit frère, quand un flot de bulles s’éleva, ramenant à la surface son corps sans vie. Il s’était sacrifié pour cette femme, humaine sans défense. Et cependant son sacrifice n’avait pas été vain, car les animaux remarquèrent que l’une de ses pattes restait recroquevillée. Vite, ils en desserrèrent les doigts palmés et découvrirent, en son creux, un peu de boue. « Dépose-la sur ma carapace, je la garderai bien en place », proposa la tortue.L a femme du Ciel l’y étala. Touchée par les dons et la générosité des animaux, elle les remercia en chantant et dansant sur le monticule de boue. Celui-ci s’évasa, grandit sur la carapace de la tortue grâce à la subtile alchimie de sa danse, de sa profonde gratitude et aussi du don que les animaux lui avaient fait en lui portant assistance. Voilà comment se forma un territoire de ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Turtle Island, l’Île de la Tortue, notre habitat et notre maison. Comme toute invitée qui se respecte, la femme du Ciel n’était pas venue les mains vides : elle avait un présent. Au moment de tomber par le trou du monde du Ciel, elle s’était retenue à l’Arbre de vie qui y poussait. Elle en avait ainsi emporté les branches, les fruits et les graines de toutes sortes de plantes. Elle en ensemença la nouvelle terre, entretint ses semailles et cultures avec amour jusqu’à ce que la terre, de brune, verdisse, puis verdoie.
Les rayons du soleil qui passaient par le trou du monde du Ciel favorisèrent la floraison et le mûrissement. Partout poussèrent des graminées, des fleurs, des arbres et des plantes médicinales. Les animaux eurent alors de la nourriture à profusion, ils s’installèrent sur l’Île de la Tortue.
[…]
Un matin, j’ai demandé aux élèves de mon cours d’écologie générale de participer à un sondage d’opinion. Entre autres choses, ils devaient évaluer les interactions négatives entre l’être humain et son environnement. La quasi-totalité de mes deux cents élèves a déclaré sans hésiter que les hommes et la nature « ne s’entendaient pas ». Je précise que ce sondage s’adressait à des étudiants de troisième année qui avaient choisi un métier lié à la protection de l’environnement, donc, en un sens, leurs réponses n’étaient pas étonnantes. Ils étaient en effet bien informés sur les mécanismes du changement climatique, la pollution des sols et de l’eau, et sur la crise associée à la perte des habitats naturels due à l’urbanisation. De là, l’enquête leur demandait d’évaluer les interactions positives entre l’Homme et la Terre. La réponse médiane fut la suivante : « Aucune ». Je suis restée stupéfaite. Je trouvais inexplicable que ces jeunes gens, âgés d’une vingtaine d’années et se prévalant d’une formation générale, scolaire et universitaire, soient incapables de citer des rapports bénéfiques entre les hommes et l’environnement. Les exemples négatifs dont ils étaient chaque jour témoins – friches industrielles, fermes urbaines et étalement urbain – avaient-ils réduit leur capacité à inventorier des relations harmonieuses entre les hommes et leur terre ? La terre s’appauvrit, leur vision aussi… Lorsque, après le cours, nous avons évoqué le sujet, je me suis rendu compte qu’ils n’étaient même pas capables d’imaginer des interactions bénéfiques entre l’espèce humaine et les autres espèces. Pour autant, si nous ne pouvons imaginer la voie à suivre, ni voir la générosité des oies des origines envers la femme du Ciel, comment progresser vers la durabilité écologique et culturelle ? Mais l’enfance de mes étudiants n’avait pas été bercée par la cosmogonie amérindienne. Notre monde partage deux conceptions de la Création : d’un côté, il y a ceux dont la relation au vivant a été façonnée par la femme du Ciel à l’origine d’un jardin destiné au bien commun et, de l’autre, ceux dont la relation au vivant a été empreinte par Ève expulsée du Jardin d’Éden pour avoir goûté au fruit défendu. Dès lors, la Mère de tous les hommes fut vouée à l’errance, au dur labeur quotidien de travailler le grain pour en faire son pain au lieu de goûter aux fruits délicieux dont l’opulence fléchit les branches des arbres.
Même espèce, même Terre, mais des histoires différentes. Les cosmovisions forgent notre identité et notre vision du monde. Elles nous disent qui nous sommes. Que nous le voulions ou non, consciemment ou non, nous sommes façonnés par elles. De ces deux conceptions de la Création, l’une conduit à l’inclusion généreuse au monde du vivant, l’autre à son exclusion. La femme du Ciel est notre Jardinière primordiale, co-créatrice d’une terre verte et prodigue, futur habitat de tous ses descendants. Ève est une exilée, de passage dans un monde étranger et en quête laborieuse de son seul véritable habitat, le royaume des Cieux. Vint la rencontre des enfants de la femme du Ciel et d’Ève, et les terres, partout, en portent les stigmates, renvoient les échos de nos récits ancestraux. « L’Enfer n’a pas autant de fureur qu’une femme dédaignée », dit-on. J’imagine la femme du Ciel déclarant à Ève : « Tu n’as pas été favorisée par le sort, ma sœur… »
18 décembre 2022 -
Bonsoir à tous,
Pépite un peu tardive après un déjeuner de Noël amical et dominical
Cette année la bibliothèque,découverte par hasard, et à laquelle je vais depuis 1 an maintenant a nourri mon amour naissant pour les romans graphiques, BD et autres formats dessinés.
Voici quelques belles découverts qui m’ont accompagnée cette année :
- La vie d’Alice Guy, 1ere femme réalisatrice de cinéma : https://livre.fnac.com/a15796133/Jose-Louis-Bocquet-Alice-Guy
- Tanger sous la pluie, l’histoire de Matisse lorsqu’il se rend à Tanger, d’une grande beauté
https://www.dargaud.com/bd/tanger-sous-la-pluie-bda5283400
- 47 cordes (je vous le dis tout de suite, la 2eme partie n’est pas encore prévue, pour l’instant j’espère...bon, vous me direz quand on intitule son album 1ere partie...)
https://www.glenat.com/1000-feuilles/47-cordes-premiere-partie-9782344042052
Je ne peux m’empêcher de vous partager aussi quelques notes musicales. Ben Mazué accompagne déjà bon nombre de mes moments musicaux. Cette année, avec Grand Corps Malade et Gaël Faye, tous les 3 amis, ils se sont ’enfermés’ ensemble. pendant une semaine, en se mettant au défi de produire 1 chanson par jour, tout cela dans un studio à Saint Rémy de Provence en plus, ça ne pouvait que me séduire. Ça donne l’album Éphémère que j’aime beaucoup.
Belles fêtes à chacun
Bisesàtous
Priscille
21 décembre 2022 -
Et voilà mes pépites 2022
-
- Côté films : En corps
Comment ne pas vous recommander ce film de Cédric Klapisch ??? Comme toujours, je ne suis (presque) jamais déçue par ce réalisateur ! N’étant pas hyper touchée par la danse, à priori, je me suis complètement laissée emportée par la magie des corps et de leurs mouvements. Ça m’a procuré, en prime, un de mes meilleurs fou rire devant un film
- Côté films : En corps
-
- Annie Colère : J’ai été voir ce film lundi. Un film traitant du MLAC (Mouvement pour la Liberté du droit à l’Avortement et à la Contraception). Une Laure Calamy au top, qui décidément, fait des choix de films vraiment chouettes dernièrement
Je n’ai pas été jusqu’à écouter les critiques du masque et la plume, mais Raphaël pourra peut-être nous en dire plus, si je me rappelle bien de sa pépite de l’année dernière...
- Côté musique
- Batlik : Pépite de François il y a quelques années, j’y ai replongé avec grand plaisir dernièrement. À (ré)écouter
- Côté Lecture :
- Le petit frère : C’est la dernière BD de Jean-Louis TRIPP (qui a notamment fait l’excellente série de BD « magasin général »). Ici, TRIPP raconte un événement de son histoire familiale. Une œuvre qui m’a bouleversée...
La bise à tous
Nono
31 décembre 2022 -
Coucou,
je ne m’étais pas inscrit sur le calendrier, car je n’avais pas a priori pas grand’chose en tête... Et puis, en prenant le temps de se poser, il y a des choses qui remontent, qui permettent de mettre à distance l’Ukraine, le Climat, Éric Ciotti, le retour sur scène de Michel Sardou...
1-LASCAUX
Envie de vous partager le choc qu’a été la visite de Lascaux cet automne.... Cro Magnon était pour moi une brute épaisse, qui faisait cuire des écureuils en broche au-dessus d’un feu de bois, trainait sa gonzesse par les cheveux quand il était invité à manger chez son voisin dans la grotte voisine etc, etc...
Les peintures présentes dans cette grotte, je les avais vues mille fois dans mes livres d’école, dans des articles divers, à la télé (...).. là, les voir "en vrai",
– un gros choc : c’est tout simplement magnifique. 20 000 ans nous séparent de ces peintures, on a inventé depuis la 5G, la bombe H et qu’on sait aller sur la lune, bref, on s’est perfectionnés techniquement (avec les conséquences que l’on sait !)
– et une évidence : artistiquement z’étaient carrément au point les gros lourdaux des grottes. D’autant qu’il faut avoir en tête que les ressources techniques étaient faibles sans compter qu’a priori, si on se fie aux archives d’EDF, la grotte n’était pas bien éclairée...
<media1364|vignette|left|largeur=200><media1365|vignette|left|largeur=200>
Bref, homo sapiens nous sommes, homo sapiens Cro Magnon était déjà : cette visite a remis brutalement les idées en place sur la notion d’évolution ! Et si vous passez un jour à proximité (évitez les périodes de vacances car c’est la foule à Lascaux), filez visiter !
2 - AURÉLIEN BARRAU
Certain·e·s d’entre vous connaissent surement Aurélien BARRAU. Sa parole est toujours intelligente.
Avec Armelle, on a regardé il y a quelques jours cette toute récente conférence donnée à SUPELEC : "A-t-on encore besoin d’ingénieurs"
https://www.youtube.com/watch?v=r9vrU9g893o
Le titre iconoclaste ne pouvait que faire envie. Au delà de cette (très gentille) provocation dans le titre, c’est fort intéressant et, si cette pensée vous intéresse, laissez-vous porter par les propositions de votre moteur de recherche : de nombreuses interventions d’Aurélien BARRAU sont disponibles, voilà de bonnes soirées en perspective ;-))
Et juste pour le plaisir, La Mondiale Générale :
https://www.youtube.com/watch?v=Fp_sk1QoAUU
Des bises bretonnes,
Letontonmanu









