Chronique biblique
Par Pierre, mercredi 24 mars 2010 à 23:03 :: Pierre ::#542
Article 9 - Luc 4,14-30
La vie publique
Le temps est maintenant venu de la vie publique pour Jésus. Ce texte de Luc n’est pas très facile avec une lecture simple du texte de la bible. Par contre, l’application de la méthode rhétorique est particulièrement éclatante, mais pour le voir, il faut s’asseoir à côté de Maman et de ses feuillets.
On pourrait intituler ce récit « l’enseignement de Jésus ». Et à y réfléchir, rassemblez vos souvenirs, tous les récits du nouveau testament ne sont que des récits où Jésus enseigne les foules. Autrement dit, Jésus se place en plein dans la continuité de l’Écriture, de la tradition juive et explique à ceux qui veulent l’entendre la vérité de cette tradition.
Jésus rend vivante cette parole divine et lui donne tout d’un coup un relief et un sens nouveau. Jésus nous ouvre les yeux. Tilt : Genèse 3,7 : « Leurs yeux s’ouvrirent et ils virent qu’ils étaient nus. »
Je reviens au récit de Luc, véritablement ciselé, qui contient deux thèmes opposés : Jésus est le Sauveur attendu et Nul n’est prophète en son pays.
Jésus retourne donc chez lui en Galilée, à Nazareth après être descendu du haut du Temple de Jérusalem par les escaliers, en passant par Capharnaüm et d’autres villages où la réputation de sa parole commence à faire du bruit.
C’est le jour du sabbat (le septième jour de la création), et Jésus entre dans la synagogue. Il se lève pour lire, on lui donne le livre d’Isaïe, il le déroule jusqu’au chapitre Isaïe 61,1. Il lit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, Dieu m’a envoyé pour annoncer la bonne nouvelle... et le retour à la lumière pour ceux qui ne voient pas. »
Il roule le livre, le redonne au servant et s’assied. Là, rien que pour le plaisir, on peut voir l’exact symétrique de ce qui vient de se passer avant la lecture : Il se lève, on lui donne le livre, il le déroule... De l’horlogerie, vous dis-je.
Tous les yeux sont fixés sur lui, qui leur dit : L’Écriture que vous avez entendue s’accomplit en ce moment même. Traduction : Je suis le Sauveur annoncé par l’Écriture. La tension est à son comble. Tous reconnaissent la qualité de sa parole, mais n’arrivent pas voir en lui un autre que le fils de Joseph, qu’ils voient dans les rues du village depuis qu’il est tout petit.
Lui devance leurs pensées en disant : Vous voudriez voir des merveilles, comme celles qui sont dites à Capharnaüm. Vraiment, je vous le dis : Nul n’est prophète en son pays.
Et d’illustrer son propos en citant l’histoire d’Elie qui sauve de la famine la veuve de Sarepta (1Rois 17,9) ou d’Elisée qui guérit la lèpre de Naaman le syrien (2Rois 5,14). C’est de la presbytie : la difficulté à voir ce qui est près. (Là c’est mon commentaire).
Du coup, ils deviennent furieux et le conduisent en dehors du village au bord d’un ravin de la montagne pour le précipiter en bas. Mauvaise pioche, il vient de faire le même exercice avec le diable et il s’en va, passant au milieu d’eux.
Ça commençait plutôt bien, mais c’est pas facile de croire.










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