Ceci est le premier article d’une chronique que j’espère régulière à l’avenir.

J’ai donc été voir Maman hier soir, comme souvent le mardi soir. Et nous avons discuté Bible, comme à chaque fois. C’est normal, c’est pour ça que je vais voir Maman. Maman m’a dit bonsoir en m’embrassant, j’ai installé la table de bridge pendant que Maman passait un coup de fil, nous avons renvoyé le valet de chambre et fermé la porte du bureau.

Et puis nous avons commencé. Maman avait préparé un texte du livre La Bible en 50 clés (clé 31) au sujet de la Résurrection pour me faire comprendre que les récits des apparitions de Jésus, comme aux disciples d’Emmaüs par exemple, sont destinés aux chrétiens. Il ne s’agit pas de textes destinés à des non-croyants pour les convertir. Et ces récits montrent que les disciples ont du mal à reconnaitre Jésus. A fortiori pour nous qui ne le voyons pas. En fait, il s’agit bien d’une histoire "d’ouvrir les yeux", thème plus que récurrent dans nos échanges.

C’est d’ailleurs cette expression "ouvrir les yeux" qui nous a ramené, encore une fois au texte de Genèse 2,3 mythique s’il en est. Il faut vous dire que Maman a découvert une méthode rhétorique assez fabuleuse, extraordinaire dirait Maman, qui permet de faire apparaître (avec un peu beaucoup de travail) la structure d’un texte.

Genèse 2,3 est le second récit de la création dit "Le Paradis" dans la traduction de Jérusalem. C’est l’histoire d’Adam et Ève que nous avons entendue mille fois. Avec la méthode rhétorique, il devient absolument évident que le coeur de ce récit est le début du verset 3 7 : "Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus..."

Moi, je trouve absolument dingue que le noeud central d’un des textes fondateurs de notre civilisation, n’ayons pas peur des mots, soit celui-là : ils connurent qu’ils étaient nus... D’abord ça veut dire qu’ils l’étaient avant, nus, mais qu’ils n’en avaient pas conscience. Et il est où le problème ? Ils sont là, tous les deux, les premiers amants du monde et ils sont nus. Bon, il faut en faire une salade ?

Bon, là on a passé une petite demi-heure de discussion et les joues commencent à rosir et les esprits à s’échauffer. Il faut savoir s’arrêter, mais pas au milIeu du gué.

Pour essayer de comprendre le pourquoi du comment, on reprend le récit du début pour voir la situation d’Adam et de sa femme dans le jardin d’Eden. Maman vous dira que Eden veut plutôt dire désert, mais c’est une autre histoire. Quand Dieu a créé la femme (2 22) il est noté par le récitant (2 24) "C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. Or tous deux étaient nus, Adam et sa femme, et ils n’avaient pas honte devant l’autre."

On fait pas plus clair, Adam et sa femme sont faits pour ça et il n’y a pas de honte. Au passage, quand même, il y a un préalable : l’homme s’attache à sa femme. C’est rien de le dire. Pour quitter son père et sa mère, j’ai du mal à voir d’où sortent ces deux-là, vu qu’Adam est le premier homme. Y a encore du travail à faire.

Bon, c’est pas tout ça, il y a aussi l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance dont on a longuement parlé et puis le serpent... Mais ce sera pour une autre fois.