Chronique biblique
Par 4001. Pierre, jeudi 4 mars 2010 à 22:48 :: Pierre ::#537
Article 6 - Luc 1,57-80 et 2,1-20
Après l’annonce faite à Elisabeth et à Marie, vient le temps de la naissance de Jean et de Jésus.
Jean d’abord. On démarre tout de suite au huitième jour, lors de la circoncision, et que se pose la question du nom à donner à l’enfant. Contrairement aux voisins et aux proches qui voudraient l’appeler du nom de son père (de quoi je me mêle), Elisabeth déclare qu’il s’appellera Jean. Forte impression dans le Landerneau où les commentaires vont bon train. On consulte Zacharie qui écrit sur une tablette : « Son nom est Jean », comme l’ange Gabriel l’avait indiqué. Facile, Zacharie. Sa bouche s’ouvrit alors et il se mit à parler. Fin de la punition.
Zacharie, qui n’a donc pas parlé pendant neuf mois, se laisse aller et sort une tirade prophétique reprenant citation sur citation un florilège d’extraits de l’Ancien testament. Il est grand-prêtre, faut pas lui en vouloir.
Jésus ensuite, avec un logique décalage de six mois. Le récit de Luc va de quelques jours avant la naissance au huitième jour, où il sera circoncis et où ses parents lui donneront le nom de Jésus, comme l’ange Gabriel l’avait indiqué.
On sait que l’histoire se passe lors du premier recensement ordonné par César, quand Joseph et son épouse Marie se déplacent de Galilée en Judée jusqu’à la ville de David dont le nom est Bethléem, car Joseph était de la descendance de David.
Il n’y a pas de place dans la salle commune lorsque Marie accouche. Elle enfante son fils premier-né, l’emmaillote et l’installe dans une mangeoire. Le récit est court, deux versets. La scène se passe sans tambour ni trompette, alors qu’il ne s’agit pas d’autre chose que de la venue de Dieu sur notre bonne vieille terre, venue que le peuple juif attend depuis des lustres. Et qui va changer le cours de l’humanité. Va comprendre.
C’est la nuit, changement de plan, on dirait du Fellini, la caméra se pose sur des bergers, pas vraiment le haut de gamme du peuple. Un copain de Gabriel et sa troupe de chanteurs leur font le coup de la soucoupe volante en leur annonçant : « Bonne nouvelle : aujourd’hui à Bethléem un Sauveur vous est né. C’est le Messie, le Seigneur. Et voici son signalement : vous trouverez un nourrisson emmailloté et déposé dans une mangeoire. »
Les autres, toujours prêts à faire les cents coups, faut dire que les distractions sont rares en plein désert, se précipitent et tombent sur Marie, Joseph et le nourrisson dans la mangeoire. Pas de doute, et de raconter en long et en large la soucoupe volante, les anges et puis qu’il nous a dit aussi des tas de trucs sur l’enfant.
Marie ne dit rien, mais elle entend bien ce que lui disent les bergers.
Les bergers repartent, ben oui, les moutons vont se sentir seuls à force, sans arrêter de chanter les louanges de Dieu pour une sacrée soirée, quand même.
Maman a bien essayé de me montrer le parallèle entre les deux récits, moi, je n’ai vu que des différences. Mais ça fait rien. Je trouve ça particulièrement émouvant cette discrétion et cette modestie.










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