Vous aurez remarqué la professionnalisation des chroniques : comme pour le GPS, on donne maintenant les coordonnées du texte dans la Bible, pour faciliter la recherche.

Après la naissance de Jean et de Jésus, leur enfance. Pour Jean, ça tient en un verset : « L’enfant grandissait, et il lui venait la force de l’Esprit. Il vécut dans des lieux retirés jusqu’au jour où il se manifesta à Israël. »

Pour l’enfance de Jésus, Luc retient deux épisodes : la présentation au Temple, quelques jours après sa naissance, et Jésus au milieu des docteurs de la Loi, à l’âge de 12 ans.

La présentation au Temple est un rite juif accompli en souvenir de la dixième plaie d’Egypte que Dieu envoya au Pharaon et à l’Égypte pour que Pharaon libère enfin le peuple juif de l’esclavage.

Le peuple juif en esclavage avait eu pour instruction d’égorger un mouton le quatorzième jour du mois et de mettre de son sang sur les deux montants et le linteau de la porte avec un bouquet d’hysope. Chaque famille devait manger le mouton rôti ainsi : les reins ceints, sandales aux pieds, le bâton à la main.

Au milieu de la nuit, Dieu fit mourir tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, aussi bien le premier-né du Pharaon que le premier-né du bétail, mais en épargnant les maisons à la vue du sang sur la porte. Pharaon craque et chasse le peuple juif conduit par Moïse (le prochain épisode sera le passage de la mer Rouge).

C’est ainsi que tout premier-né parmi les enfants d’Israël était consacré à Dieu, d’où la présentation au Temple, Jésus étant le premier-né de Marie.

Marie et Joseph vont donc à Jérusalem, au Temple, pour le présenter à Dieu. Il y avait là un homme juste et pieux, Siméon, qui avait été averti par l’Esprit Saint qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Sauveur.

Siméon prend l’enfant dans les bras et le reconnait comme le Sauveur. Épisode bien connu sous le nom de Nunc dimmittis. Il félicite les parents qui s’émerveillent de ce que l’ont dit de l’enfant.

Anne aussi était là, prophétesse et veuve depuis 84 ans, qui se mit à son tour à chanter les louanges de Dieu en parlant de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Retour à la maison en Galilée où « L’enfant grandissait et prenait des forces ; il était plein de sagesse et la grâce de Dieu était sur lui. »

Pour moi, c’est un peu le même scénario qu’à la naissance question publicité : régime minimum on ne peut plus soft.

Le deuxième épisode se passe aussi à Jérusalem lorsque Marie et Joseph font leur pèlerinage annuel pour la Fête de la Pâque avec Jésus. La Fête terminée, ils rentrent chez eux, croyant Jésus dans la caravane. Le soir, pas de Jésus.

Ils retournent jusqu’à Jérusalem et le cherchent pendant trois jours. On imagine l’angoisse. Ils le trouvent assis dans le Temple, au milieu des docteurs. « Il les écoutait et les interrogeait. Tous ceux qui l’entendaient étaient étonnés de son intelligence et de ses réponses. »

Marie est submergée d’émotion et lui demande : « Mon fils, pourquoi nous as-tu fait cela ? » Il répond : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne savez-vous pas que je dois être chez mon Père ? »

Mais eux ne comprirent pas sa réponse. Nous non plus, sympa pour les parents, le gamin.

En caractères gras les versets considérés par l’analyse rhétorique comme l’expression centrale de chaque épisode.

Ce que je trouve étonnant, c’est la découverte progressive de Marie et de Joseph de la personnalité de Jésus, révélée au hasard de leur vie par une troupe de bergers hystériques, un vieillard illuminé et une veuve décrépie, voire une réponse hallucinée de leur fils.